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    Rentrée littéraire ?

    comment rentrer, je ne suis pas sortie ! Je prépare le prochain roman: titre probable:  LE LION, LA ROUSSE ET LE CHEVALIER.  sortie prévue janvier 2017.

    Le thème: le mensonge, le mythe, la vérité, la légende ... L'histoire: une petite famille toutes couleurs a bien des mésaventures.

    Les lions dans la savane ont aussi les leurs, en parallèle.

    Puis, il y a l'enquête, l'inspecteur Lancelot, le commissaire, le vieux libraire, les truands,  Abel...et Yvain, le chevalier au lion

     

     

    PENSEZ AUSSI A VOS CADEAUX, c'est le moment

    Il y a une offre encore plus belle sur" L'envers de la terre" un peu plus bas dans ce menu déroulant (Tout petit livre, conte de sagesse fantastique et initiatique, que je compte rééditer en le complétant par d'autres textes... Dans un moment !) à moins 50 % !

     Les commandes sont à envoyer à  Nicole Acquaroli(éditions du PI)  Ch. de la mole  09190 LORP-SENTARAILLE

     

     Merci , lecteurs et lectrices, de vos très gentilles  lettres, de vos mails élogieux . J'en rougis et vous remercie infiniment. L'écriture est  un exercice solitaire que l'on pratique pour ceux qui liront, sans les discerner. Quand ils se matérialisent, c'est un tel bonheur ! Je voulais vous remercier pour ce bonheur.

    (Et à  ceux qui ne communiquent pas sachez que même des critiques acerbes, seraient appréciées.Si elles sont sincères et motivées, elles sont utiles.)

     


     

     

    Et voici mon tout nouveau roman : 244 pages, 12€, port offert (pensez à demander votre dédicace, pour vous ou pour offrir)

    L'île de Zoé Crue Robinson

    Vente directe sur ce blog Expédition immédiate dès réception de votre chèque de 12 € ou par Carte (France ou étranger)

    ou par commande dans toutes les librairies (ISBN : 978-2-95500091-4-7), par Dilicom

    (Le chèque au nom de Nicole Acquaroli)

     

     

         (France et étrange30

     )

     

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      Après Daniel de Foe et Michel Tournier

    Nicolaï Drassof...

    reprend le thème de la transmutation alchimique  du  naufragé.

    Dans l'athanor qu'est l'île déserte,l'élément vil et déstructuré est transformé en

    Pierre Philosophale capable d'autres transmutations.

    Zoé, matière banale, quasi inexistante, victime d'un naufrage social, prête à sombrer, s'accroche à une épave,Steph.

    Ainsi assistée, elle est projetée sur la rive, au milieu d'autres décombres.

    Quel sera le pays derrière la dune ?

    En très peu de temps ce pays, un squat en forme de ruine industrielle, devient une île déserte.

    Le royaume de Zoé.

    Vendredi, c'est Winnie, sauvée des affreux cannibales.

    Zéphyr, poisson rouge devenu Psy, celui qui écoute et ne parle pas, tient le rôle du perroquet

    Des circonstances imprévisibles vont révéler que la transmutation a bien eu lieu

    Un roman qui déborde de drôlerie et d'invention (Michel Tournier)

     

     

    Lire aussi:  Zoe Crue Robinson, les trois sources du roman, dans la rubrique extraits et nouvelles

     
     

    lien pour  mon autre blog: http://racontelire.eklablog./ *

    CAPELINE ET CANOTIER ? en entier C'EST PLUS BAS . je vais arranger ça dès que possible


     

                                                                                                                                                                                                

    note de Nicolaï: ( Concerne  La Ribambelle

    Pipiol, qui est un petit personnage que j'aime et qui souhaite toujours me rendre service a été chargé de réaliser des interviews des différents personnages de La Ribambelle. Il s'en est bien tiré. Comme c'est assez long, je vais l'afficher en plusieurs fois, comme un feuilleton

    Lire ci-dessous, en dessous de la photo de LA RIBAMBELLE encore un peu plus bas ...là ! Voilà !

     

     

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     Bonjour Nicolaï, je viens de finir de lire Miaou et je voulais vous dire à quel point j'avais aimer

    ce livre que j'ai terminé à regret. J'ai souvent souri, j'ai été émue tout aussi souvent

    et j'ai même versé une larme à la lecture d'Adèle et de Gazou. Je vous remercie de l'avoir écrit.

    Je vous embrasse . Pascale.

     

     MIAOU ! MIAOU ! Miaou ! Miaou ! MIAOU ! MIAOU !               

    Tout m'est prétexte pour vous conter, avec verve et malice, des histoires
        de CHATS et de leurs humains.ACCUEIL
    Des jeux de mots, des à-peu-près, sur des titres de chansons, des comptines, des poèmes
    émotion, rires, aventures, tendresse
     152 pages, 11€, port et signet offert, dédicace si vous me donnez un nom, une occasion.

    Envoi par retour à réception de votre chèque (à l'ordre de Nicole Acquaroli)

     (Préciser pour la dédicace: pour qui, à quelle occasion s'il y a lieu)

    adresse: Nicolaï Drassof, ch de la mole 09190 LORP SENTARAILLE

    Ou simplement par carte

     

                                                                                                                      


     

                                                                                                                 

     Pour communiquer : acquaroli@orange.fr

     OFFRE SPECIALE A NE PAS MANQUER

    Exceptionnellement, L'ENVERS DU MONDE, un conte magnifique, une belle histoire et une formidable philosophie,  

    pour 5€ au lieu de 10€ .(port offert)

     par chèque .Voir ci-dessous (Après LA RIBAMBELLE, plus bas) mon adresse pour commander, (joindre le chèque).

    Ceci est possible car j'ai récupéré mes droits chez Elenya editions,(fin de contrat)

    L'ENVERS DU MONDE: Du noir le plus noir à la lumière éblouissante.

    L'histoire de KADER, REBECCA et des ÊTRES DE LUMIERE  en l'an 526 du Renouveau.

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    Visiteurs fidèles de racontécrire:

    Pendant que,  malade, j'avais cessé d'écrire pour vous, il se passait un évènement extraordinaire : 

    Toute une bande d'enfants irréels, mythiques, des créations littéraires, se sont trouvés. Ils se sont donné la main, ils ont formé une RIBAMBELLE.

    Une ribambelle est un pliage, suivi d'un découpage : un enfant de papier entraîne une gamine suivie d'un autre enfant et un autre et une autre encore... Mais si, vous connaissez !

    Ce qui est extraordinaire, c'est que ces mains unies,  cette solidarité enfantine, leur a donné la force d'enfoncer le mur qui sépare leur monde virtuel de celui de la réalité, où nous résidons.

    Ils m'ont squatté, m'ont obligé à écrire leurs histoires telles qu'ils me les racontaient et se sont débrouillés pour parvenir sur la table du salon de Bruno.

     Bruno est un éditeur fatigué, venu se ressourcer, retrouver ses racines implantées dans une campagne désertée.

     Un livre est né de leur initiative : LA RIBAMBELLE. Il est dodu et tout bleu. 

     Les voici ! Les voilà !

     

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     La quatrième de couverture :

    Une ribambelle, c'est un pliage, suivi d'un découpage. Un jeu, une récréation

    C'était dans un carton qui n'aurait jamais  dû parvenir à Bruno, jeune et dynamique directeur de collection chez un Grand Editeur

    Bruno, exténué, était ici, à la ferme, pour ne rien faire et surtout ne pas lire.

    La ronde de solidarité enfantine a entrepris  de se faire entendre.

    D'abord, ils prennent d'assaut un placide auteur, puis, leur union décuplant leurs moyens,

    abattent les cloisons entre les mondes, pour rencontrer Bruno.

    C'est une série de jeunes destins mal plantés, insolites et bizarres, avides de rejoindre la normalité chère à tous les enfants qui défile sous ses yeux incrédules, émus ou amusés et l'amène à revoir les fondements de sa personnalité et de son couple.

    Homéostasie plutôt que résilience.

    Nicolaï Drassof

     

    Un roman, une histoire qui contient des histoires. 402 pages,  16€

    Envoi par retour à réception de votre chèque (à l'ordre de Nicole Acquaroli ch. de la mole 09190 LORP-SENTARAILLE)

    Ou par carte :

      

                                                                                                                                                                                    

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    Interview des personnages de LA RIBAMBELLE par PIPIOL,
    (personnage des CONTES POUR TOI )

    http://racontecrire.eklablog.com/interview-des-personnages-de-la-ribambelle-par-pipiol-a125395920

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       CONTES POUR TOI (C'est là qu'est l'histoire de PIPIOL)

     270 pages, 14 illustrations douze contes et un anticonte de fées.originaux, drôles, attendrissants, insolites, déroutants parfois...

    Pour adultes rêveurs et grands enfants rieurs

      expédition par retour contre un chèque de 16 € à l'ordre de

    NICOLE ACQUAROLI

    Ch de la mole , 09190 LORP-SENTARAILLE

    Pensez à préciser si vous voulez une dédicace? pour qui ? un emballage cadeau ?

    (On peut me joindre sur mon mail : acquaroli@orange.fr)

     

     Accueil 

    un livre de contes pour adultes et grands enfants

    Contes pour Toi

    Une bonne douzaine de contes très divers,

    en provenance du Pays Imaginaire, du Métro parisien, de l'Enfer et du Paradis provençal ou du fin fond des espaces infinis...

    avec ou sans fantastique, mais toujours rares et insolites


     

     

     

     

                            

  • Lignes enchevêtrées (naissance d’une chanson)

    Un pari pour ce texte : employer le mot ligne dans un maximum d’acceptions

     Une fille, grande et jeune, à la ligne parfaite, munie d'un léger bagage, prend ce matin la ligne 2 du RER. Elle est à l'heure au rendez-vous.

    La gitane lit dans les lignes de la main de la fille grande et jeune. Elle lui prédit un voyage. La fille sourit avec une ligne d'ironie, ne dit rien, paie et s'en va.

    Sur un banc aux curieuses lignes courbes, la fille grande et jeune rédige quelques lignes sur un papier rose tiré de son sac. Un papier dont les lignes grises sont déjà garnies d'une petite écriture sèche à l'encre bleue.

    Elle tire à la ligne souvent . Un poème ? Un message poétique bien dans la ligne de l'homme de sa vie, rêveur et généreux. Utopiste aussi. Il suit la ligne du parti récemment adoptée, mais il est dans la ligne de mire du nouveau dirigeant.

    Pendant le discours de l'orateur imbu de son talent, l'utopiste rêveur lit.

    Il déchiffre un papier rose aux lignes courtes à l'encre bleue. Un sourire naît a la ligne de commissure de ses lèvres. Il sort de sa serviette un papier blanc rayé de nombreuses lignes parallèles : des portées sur lesquelles il aligne clés et notes, silences et soupirs.

    Il ajoute sous les lignes musicales les vers du poème de la fille grande et jeune.

    L'orateur vociférant ne hurle que des idées de luttes, de jalousie, de violence et de trahisons. Sous ses yeux ébahis, l'utopiste rêveur se lève, souriant, lui adresse   un adieu enfantin en agitant doucement la main et sort.

    La fille grande et jeune attend l'utopiste rêveur le long du quai, côté grandes lignes. Voici qu'ils partent tous deux vers la ligne d'horizon fuyante.

    Le rythme du train donne le tempo à la chanson qu'ils ont aux lèvres. Ils suivent tous deux du regard les lignes enchevêtrées du chemin de fer, faisant confiance aux aiguillages pour leur destination.

    Ils s'en vont vers la vie!

    Point à la ligne .

    Nicolaï Drassof

     


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  • Si vous aimez les animaux, mangez-les !

    Je me mêle rarement de l ‘actualité mais...
    Deux vidéos successives sur des abattoirs ont provoqué des réactions de sensibilité, bien compréhensibles, à la souffrance exposée aussi bien chez les mangeurs de viande que chez les végétariens.
    Sensibilité bien compréhensible, compassion, pitié. Cela nous mène tous à dire : « cela me dégoûte, je ne mange plus de viande »
    Si plus personne ne mange de viande, il n’y aura plus d’abattoirs ! C’est tout simple !
    Mal pensé, pas assez réfléchi.
    Qui élèvera des animaux inutiles, qui investira pour du bétail, des cochons ou des poules, si plus personne ne les achète ? C’est un véritable génocide que nous provoquerions là ! Nous tentons de protéger toutes sortes de bêtes en voie de disparition et nous éliminerions nos vieux compagnons de toujours par amour pour eux !!!  Ils ne donneront jamais satisfaction en tant qu’animaux de compagnie. Nous sommes de plus en plus urbains et ils ont besoin de prés et de campagne. Il ne faut pas oublier que de jolis agneaux se transforment très vite en gros moutons bruyants qui vivent en troupeaux sur de grands espaces herbus.
    Non. Si nous n’en mangeons plus, devenus inutiles, ils disparaîtront, tous, jusqu’au dernier. Ne me parlez pas des vaches laitières, des brebis à lait et fromage pour conserver l’espèce, vous savez bien que sans leur viande, le lait seul n’est pas assez rentable. La laine si utile autrefois, est tombée en désuétude au profit des synthétiques qui semblent si pratiques (hum, il y aurait à dire sur leur mode de destruction , et la pollution). D’ailleurs, nous commençons sérieusement à snober le lait de vache. Il est actuellement peu ou pas rentable autrement que dans des installations gigantesques où le stress des animaux est permanent et pas seulement à leur dernier instant dans un mauvais abattoir.
    Bref, si nous cessons de manger de la viande, de boire du lait, de manger des oeufs (et d’utiliser du cuir), nous les condamnons là , tout de suite, sur les dix ans qui viennent et peut-être plus vite .
    Il est nécessaire de lutter. Lutter pour produire une viande libre, saine et heureuse, que nous tuerons proprement et consommerons avec de la reconnaissance pour ces animaux domestiqués, civilisés dirons-nous, à qui nous devons tant. Lutter pour que cessent toutes les souffrances de l'élevage industriel, souffrances plus cruelles parce que constantes.
    A côté de ma maison, qui s’élève seule au milieu des prés, paissent des vaches rousses avec leur veau, et derrière, un petit troupeau de moutons avec de jolis agneaux blancs et joueurs écume les autres prés tour à tour. Je les vois accueillir leurs éleveurs (que je ne connais que de vue) avec joie et affection, et vivre bien plus heureux et soignés que bien des humains. Ces animaux seront mangés un jour ou l’autre. Vous, moi, tous, nous mourrons un jour. Ma mort sera-t-elle douce et tranquille ou dans la souffrance ? Je ne le sais pas et je ne saurais le prévoir.Le savez-vous ?
    Transfuge de la ville, la tête au milieu de  mes papiers, je ne connais pas les éleveurs ni l’élevage. Je ne milite pour personne. Je réagis comme un citoyen qui possède une plume et un lieu( trop) discret pour m’exprimer. Ce blog que vous me faites l’honneur de visiter est essentiellement littéraire, mais , ainsi que vous avez pu le constater, soutient la bienveillance, le bon sens et la lucidité. Si j’ai eu le bonheur de vous suggérer une autre manière de juger, moins épidermique, parlez-en avec vos connaissances, faites jouer vos réseaux, afin que ce raisonnement se répande.
    Les vaches mes voisines, et moi, vous en remercions.


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  • L’inconnue

    Elle était assise à mon bureau, appliquée à taper sur mon ordinateur..
    J’étais pourtant entrée bruyamment dans l’appartement réputé vide, jetant mes clés sur la table, expédiant mes chaussures et mon sac dans le couloir, au plus près de la porte de ma chambre, pressée de noter l’idée qui m’avait squatté l’esprit tout l’après midi. C’était une sorte de poème, qui chantait bien et m’obsédait pour le moment. Je me savais capable de l’oublier, demain.
    Malgré tout ce remue-ménage, l’inconnue continuait à taper tranquillement. Elle n’avait pas même tourné la tête à mon entrée tonitruante.
    Malgré l’obstacle des longs voiles soyeux et noirs dont elle semblait enveloppée, je n’avais pas douté un instant qu’elle fut femme. Un je-ne-sais-quoi dans l’épaule, quelque chose dans la position de la jambe sur laquelle reposait la soierie, le port général du buste...
    Mais que faisait cette inconnue chez moi ? J’aurais dû être affolée. Pourquoi gardai-je ce calme, cette empathie ?
    Elle portait une espèce de capuchon sur sa tête penchée, dont les bords n’étaient pas attachés. Il ne paraissait pas que son costume ait quelque chose à voir avec les housses dont se revêtent à notre époque, certaines femmes musulmanes. Pourtant, les mains de l’inconnue, qui couraient toujours sur les touches du clavier, restaient invisibles, masquées par de longues et larges manches. Portait-elle des gants ? J’étais fascinée par le tombé extraordinaire de l’étoffe dont elle était enveloppée. Ces manches, en particulier, auraient dû la gêner. Elles suivaient gracieusement son toucher rapide.
    Immobile et sans réaction, j’enregistrai ces observations, évidentes et pourtant dépourvues de sens. Ma tête s’était vidée de toute pensée. Je ne réagis pas plus quand la femme se leva, me montrant toujours son dos. Elle était d’une stature au-dessus de la moyenne et d’un port élancé, la grâce de ses gestes et de son maintien semblaient innés. Je ne sais comment elle réussit à passer devant moi sans que je visse ses mains, ses jambes, ses pieds. Elle semblait glisser au-dessus du sol malgré tapis et plancher glissant et gardait sa tête baissée. Je ne pus voir son visage quand elle passa si près de moi, laissant un sillage au parfum d’humus.
    Elle gagna la porte et je commençais à recouvrer mes sens engourdis jusque là.
    Alors elle se retourna et rejeta sa capuche. Seulement là, mon sang glacé la reconnut : rien qu’un squelette. La Mort, la Mort est venue chez moi et m’a frôlée !
    Elle murmura d’une voix rauque : Je reviendrai.
    La porte se referma très doucement, sans déranger la profonde stupéfaction où cet épisode m’avait plongée.
    Ce n’est qu’un moment après que, vivante à nouveau, je me précipitai sur mon ordinateur. Il était éteint, comme je l’avais laissé en partant travailler. Désemparée de ne plus trouver trace de ce qui, pourtant, était arrivé, le jetai un regard affolé autour de moi.
    Une feuille dépassait du berceau de l’imprimante. Je l’empoignais et lus quelques mots du texte imprimé. Je dus m’asseoir pour continuer de lire :
    « Elle était assise à mon bureau, appliquée à taper sur mon ordinateur...
    J’étais pourtant rentrée bruyamment dans l’appartement réputé vide, jetant mes clés sur la table, expédiant mes chaussures et mon sac dans le couloir, au plus près de la porte de ma chambre, pressée de noter l’idée qui m’avait squatté l’esprit tout l’après midi. C’était une sorte de poème, qui chantait bien et m’obsédait pour le moment. Je me savais capable de l’oublier, demain.
    Malgré tout ce remue-ménage, l’inconnue continuait à taper tranquillement. Elle
    n’avait même pas ... »
    Tout était là et le texte se terminait par :
    « Je reviendrai... »

     


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  • Voici ma participation au collectif "CHAPEAUX", édité par les éditions AUZAS  http://www.edition-auzas.fr

    CAPELINE ET CANOTIER.

    Une capeline de paille colorée a rencontré un canotier.
    Sous la capeline, deux yeux de jais rieurs. Sous le canotier, au-dessus d'une fière moustache blonde, deux bleuets.
    Un soleil doux éclairait la campagne encore timidement fleurie. L’eau de la jeune rivière gazouillait fort entre les rochers pour concurrencer les flonflons de la fête, au loin.
    La capeline s'est laissée approcher par le canotier fringant qui lui a fait un bout de conduite.
    La promenade se termina sur un banc, sous la surveillance d'une touffe de lilas. Point n'était besoin d'une duègne. La large capeline sut garder ses distances malgré les rires cristallins qu'elle abritait. Le canotier fredonna, marqua la mesure, mais découvrit d'un geste respectueux une jeune tête blonde inclinée pour saluer le départ de la sage capeline.
    Ceci se passait dans un monde disparu, fait de jeunesse, de rires, d'insouciance.
    De gros nuages, un orage, une tempête, un typhon, un ouragan le dévastèrent. Un autre monde est né. Convalescent, il panse des blessures tenaces, frotte des cicatrices encore sensibles, tente un sourire entre deux grimaces douloureuses. Depuis trop longtemps, un fond de bruits de bottes et des casquettes vert-de-gris ont imposé couvre-feux et restrictions.

    Un bibi à voilette, couvert de deux énormes fleurs de paradis, est suivi tout au long du boulevard par un borsalino gris clair, du même gris que le pantalon à sous-pieds qui gainent deux jambes agiles. C'est un vigoureux marcheur, malgré une boiterie légère, prétexte au maniement dextre d'un jonc noir à poignée d'argent.
    Le bibi accélère et tourne dans une rue adjacente. Le borsalino suit. Hors d'haleine, le bibi s'arrête devant la vitrine d'une modiste. Le voilette se soulève sporadiquement, tant la marche fut vive, ou alors d'émotion ?
    Les yeux de jais rencontrent dans la vitre le reflet du borsalino, et lancent une étincelle. La lueur fugace éclaire deux bleuets innocents et l'étonnement se lit alentour de la moustache blonde.
    Le borsalino se soulève, décrit une orbe et les moustaches sont faces à la voilette émue, voltigeant de plus belle.
    — N'ai-je pas eu le bonheur de vous rencontrer, autrefois, Mademoiselle ?
    — Si, monsieur. C'était avant... avant. Les yeux brillants s’embrumèrent.
    — Mille excuses, je ne voulais pas attrister de si beaux yeux... C'était un si joli printemps, soupira-t-il comme pour lui-même.
    — Mais une si triste année.
    — Une terrible période. Nous en sortirons... Bientôt. Je vous promets. Le borsalino tournait et retournait entre des mains embarrassées. Vous habitez la ville ?
    — Il faut bien, je travaille à présent.
    — Moi aussi. Nous reverrons-nous ? J'aimerais vous faire entendre notre chorale.
    — Vous chantez toujours ?
    — J'essaie de m'y remettre, de rattraper le temps perdu...
    — Celui qui ne se rattrape jamais... dit-elle, rêveuse.
    — On peut toujours essayer. Ses yeux de ciel pur chargeaient ces mots de tant de perspectives...
    Feutre taupé, borsalino, panama, retrouvèrent toque, castor, turban, souvent, longuement.
    Et passa le temps qu'il faut

    suite:

    Advint le printemps et ses naïves fleurs des champs.
    Le voile blanc de Marie en était parsemé. Il valait toutes les coiffures sophistiquées qu'elle vendait aux dames de la ville. Un huit-reflets veillait sur elle. Dorénavant, il ne laisserait aucune casquette de mauvais aloi l'importuner.

    En coiffe de dentelle blanche, Marie, désormais, veille sur un mignon bonnet d'angora. Au-dessous du bonnet, deux yeux d'azur dans un écrin de cheveux sombres la regardent intensément. Mais arrive la moustache blonde qu'on appelle papa, et fusent les rires et la joie d'Élodie.

    Marie a recyclé ses talents. À ses clientes en cheveux, elle propose désormais bijoux fantaisie, foulards et colifichets. Mais toujours un grand chapeau extravagant trône dans sa vitrine. C’en est l'enseigne changeante. Et sous le reflet du grand chapeau, il n'est pas rare qu'un promeneur, attiré par l'étalage aguichant, vienne encadrer son visage.
    Marie et Élodie s'en amusent, complices. Elles se serrent pour se tenir compagnie, si seules depuis que l'homme à la voix d'or enchaîne les tournées à l'étranger, les succès, la réussite.
    Stetsons, bolivars ou sombreros, tricornes d'opérette ou calottes épiscopales, par ses photos dans les magazines, on peut suivre son envol de festivals en galas. Il semble manquer même de la minute nécessaire pour téléphoner à ses deux petits chaperons rouges, seules parmi les dangers.
    Un loup muni d'un casque intégral tenta d'enlever la douce Élodie. Marie se débattit seule comme la petite chèvre de Monsieur Seguin contre la bête, pour sauver sa fille, mais le loup l'emporta.
    Marie, désespérée, demanda de l'aide à un képi sévère qui d'abord l'accusa, puis tomba sous le charme de ses larmes. Loin de sauver la fille, il voulait perdre la mère.

    Un soir, sous le grand chapeau de la vitrine, vint s'encadrer une petite capuche rabattue, honteuse. Les aigues-marines de ses yeux étaient délavées par les pleurs et son petit corps amaigri se serrait dans le vaste châle qui le couvrait. Marie pleura de joie en serrant la repentie contre son coeur.
    Elles furent deux à s'opposer aux exigences du terrible képi. Il n'avait plus de moyen de pression sur Marie et voulut s'en prendre au ravisseur d'Élodie. Il était bien loin, et la jeune fleur, refusant de faner, s’était allée réfugier chez les cornettes. Charitables, elles la recueillirent, la soignèrent, mais s'avisèrent de vouloir l’embéguiner. Élodie, un instant tentée, résista et s'enfuit pour retrouver l'abri des couvre-chefs de sa mère. Les cornettes étant moralement inattaquables, le képi capitula et classa l'affaire.
    C'est ce moment que choisit un manille blanc, abritant une moustache blonde blanchie par des années d'aventures, rzcouvrant un crâne rose encore garni de quelques duvets blonds, pour jeter un oeil interrogateur au travers de la vitrine. Bien entendu, il encadra son visage dans le reflet du grand chapeau qui était du genre deuil chic, comme les pensées de sa créatrice.
    Sidérée, Marie fit signe d'entrer à ce petit homme replet et trop habillé pour le lieu et l'heure. Elle n'avait pas vu, sur les photos raréfiées de l'homme à la voix d'or, se dessiner ce petit ventre rebondi et ces esquisses de bajoues, que sans doute dissimulaient ses costumes de lumière.
    Son air triomphant l'avait déserté. Restait un reflet vague de l'homme qu'elle aimait, noyé dans une physionomie banale et inconnue.
    Marie ne savait plus que penser, que ressentir d'autre que la confusion de ses sentiments.
    — Papa !
    Élodie venait d'entrer. Sans un instant d'hésitation, elle se jeta dans les bras de son père, faisant valser au loin le manille blanc resté en place tant la sidération des deux amants était grande.
    Marie avait jeté un coup d'oeil dans la grande glace où d'ordinaire se miraient complaisamment ses clientes. Elle y avait vu une petite femme aux yeux de braise, la silhouette un peu tassée, le menton empâté. Sa chevelure poivre et sel allait bien avec son visage un peu fané et sa taille épaissie. Une inconnue, elle aussi.
    Elle tendit la main à l'élégant garçon blond qu'elle avait épousé une belle journée de printemps. Il enlaça sa taille de jeune fille. Ses paupières voilèrent un instant les bleuets de sa jeunesse, qui réapparurent intacts.

    Une capeline de paille dorée se promène au bras d'un canotier. Sous la capeline, le bonheur est aux prises avec les cicatrices de la vie. Le bonheur est en train de gagner et un rire frais sort de dessous la paille tressée.
    De l'autre côté du canotier désuet, mais obligatoire en ce jour important, un galurin rigolo coiffe une splendide brune aux yeux de saphir. Sa démarche légère se joue du balancement de sa robe printanière et compense ce qu’a de tranquille le pas du trio.
    Le canotier emmène sa famille fêter leur réunion et quelques petits faits privés dans la guinguette de leur jeunesse.
    L'établissement, lui aussi, à prospéré. De guinguette, il s'est transformé en luxueux restaurant gastronomique qu'à coup sûr une simple modiste n'aurait pu fréquenter. L'homme à la voix d’or le peut, lui. Il a déposé aux pieds de ses deux déesses le fruit qui lui avait fait oublier que le temps passait. Sa seule excuse.
    Elle fut reçue avec modération. Toutefois, Marie salue avec satisfaction ses riches clientes, habituées de l'établissement.
    Après le repas, une promenade en calèche les mène dans la campagne encore timidement fleurie. Ils longent la jeune rivière qui gazouille immuablement entre les rochers. Au loin, on entend les flonflons d'une fête.
    Élodie n'en sait rien, mais chaque fleurette, chaque son, chaque détour du chemin fouette le sang des vieux amants.
    Soudain, rênes en main, le canotier se lève et pousse le cheval, qui part au galop. Parmi les cris et les rires s'envolent une capeline dorée, un canotier passé de mode, et un petit chapeau rigolo garni de cerises

    FIN


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  •   QUAND JULIE PASSE LA PORTE...

     

    Je vous propose de partager l’affection, la tendresse que j’ai pour Julie.

    Pas très en forme, Julie.

    Une tenace sensation d’être habitée, squattée par une autre personnalité, incompréhensible, effrayante, mais profondément aimée.

    Et puis des lubies, des absences, des blancs dans sa morne existence de rescapée.

    Rescapée de quoi ? Elle ne sait plus.

    Alors elle mène  patiemment cette maigre vie reconstruite par l’altruisme de Serge, son compagnon, émergé lui aussi d’un enfer personnel.

    C’est une  « affection de toutous, un amour d’outre néant » qui unit ces deux là...

     Une porte surgit par hasard, d’un jeu,. Une « ouverture dans du rien », mais une ouverture.

     

    elle vit des aventures étranges, déroutantes, imprévisibles, hors du temps.

     

    Où l’entraînent ces escapades ? Quel monde va-t-elle découvrir ? Quels monstres va-t-elle débusquer ? Devra-t-elle tuer ce qu’elle aime et réside au fond d’elle-même ?

    Se débarrassera-t-elle des fils de soie qui la font chrysalide et l’empêchent d’éclore ?

    Retrouvera-telle la faim de vivre et d’aimer ?

     

    QUAND JULIE PASSE LA PORTE   Roman  191 pages :  13 euros   

    (expédition immédiate) 

    Commande et chèque à  Nicole Acquaroli  Ch. de la mole 09190 LORP-SENTARAILLE     

     

     

    réponses à vos questions:

    On me demande de résumer QUAND JULIE PASSE LA PORTE. Voici

    Depuis qu'elle et Serge son compagnon sont sortis de l'établissement de Post-cure pour tenter de vivre à nouveau et de se re-socialiser,

    Julie s'est résignée à une existence morne, régie par une présence en elle, à la fois dérangeante et aimée

    Le hasard (est-ce bien lui ?) dresse une porte "un obstacle dans du rien et non une ouverture dans une continuité fermée"au fond de son jardin.

    Le but du jeu étant d'imaginer qu'au delà de la porte réside tout ce qui peut manquer.

    De cette plaisanterie  de départ, Julie fait une quête sérieuse et inconsciente des monstres tapis au fond de son âme.

    De ses escapades au-delà du seuil sortiront successivement tous ses fantômes, dont certains mortels parce que terriblement intimes.

    Une histoire de guérison pleine d'aventures et d'imprévus, facile à lire malgré sa subtilité.

    On me demande également un ou quelques extraits:

    Extrait du chapitre 1

     Qui es-tu ? Qui ?

    —  Pourquoi ces errances, ces vagabondages ?

    —  Pour me retrouver...

    —  Tu vis, toi ! 

     —  Qui es-tu?

    —  En me rejoignant tu le comprendras... Je suis aussi ton passé. 

    —  Mon passé est à moi seule. J’en assume le poids

    —  Viens à moi, tu verras que non. 

     — Où es-tu ?

    —  Dans un bien étrange pays. J’y suis seule, je t’attends... 

     — Comment te rejoindre ?

     — Il te faudra parvenir au sombre lieu où tout est révélé. Viendras-tu jamais... ? Ecoute ton âme : viens... ! Viens... !

    — Es-tu un démon ? Cherches-tu à me tenter

    — Je t’aime comme moi-même... Je ne veux pas ton âme...Seulement ton corps.

    — Il n’est plus mien. Il est prisonnier. Je souffre.

    — Je sais. Viens ! Je le délivrerai.Pour nous.

     

        Je suis le squatter de ton ego. Comprends-tu ?  Viens... Viens...

    Mes pas martelaient ma perplexité. Les arbres, les rosiers,  les verveines et les grandes herbes folles exhalaient leurs souffles vivants comme des plaintes.  Je ne comprenais pas, alors, la chanson et les signes.

     Il a fallu un événement presque burlesque pour  alerter mes sens endormis

     Il a fallu cette porte...

     

    Extrait du chapitre 11

    Lovée dans mon cocon doux je reprends conscience. Ce paradoxe m’obsède, dérive ma pensée : Ici, dans ce havre avidement désiré mon réconfort provient d’une inexplicable évocation d’horreur !
    Mais cet immense amour sans objet qui m’habite ? Cette joie, ce soulagement ?…
    Mon esprit lui aussi est ligoté par les fils de soie qui emprisonnent mon corps. Un sommeil sans rêves me déconnecte de ces énigmes obsédantes.
    La plage est belle et calme. Mon pas assuré suit l’ourlet fluctuant des vaguelettes du ressac. Le soleil approche la surface incandescente de l’océan. Derrière moi, les oiseaux de mer s’abattent bruyamment sur le sable fraîchement découvert, se disputant alevins, crustacés et coquillages abandonnés par le flot. Je m’en amuse, marchant souvent à reculons pour les observer et jouir du vent sur mon visage. Je n’ai pas vu surgir la porte du néant. Béante.
     

    extrait du chapitre 18

    Cernée de tous côtés par ma vie, je suis noyée dans le murmure de tous ces témoignages. Ils sont la marée qui m’engloutit vague par vague.
    Comment ai-je pu, à partir d’une telle histoire devenir la jeune femme pacifique et fragile, mélancolique et solitaire, communiant avec la nature seule efficace pour faire vibrer son cœur sec ?
    J’ai été si différente...
    J’ai été l’égérie passionnée d’une bande de motards à moitié intellos, à moitié artistes. J’ai débattu avec flamme au milieu d’eux de grands sujets révolutionnant la littérature ou l’art. J’ai été l’amoureuse enviée de Tom, son modèle en peinture et sa muse.
    J’ai été tout cela.

    Extrait du chapitre 20

    Me voici au jardin au milieu des douces couleurs d'automne. Une brume humide monte de la prairie, chargée d'une odeur d'humus aux relents nostalgiques...

    Se peut-il que ma mère ne m'ait point détestée, qu'elle ait été seulement accaparée par quelque chose ?Quoi ? Une maladie: les lettres entrevues provenaient toutes d'une clinique parisienne..

    Pensive, je rejoins la maison d'un pas lent, assorti au temps et aux souvenirs desquels j'émerge à peine..

     

    Dévoiler plus avant le roman: l'action, les autres protagonistes, les surprises et les révélations gâcherait votre plaisir de lecteur

    Il y a 36 chapitres mais nous en resterons là, voulez-vous ?

     
     
     
     

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  • Je reviens d'un petit tour dans les autres mondes que j'habite. J'ai assisté à une conférence : Voulez-vous que je vous en conte  un extrait ? Voici.

    Si vous voulez que je vous en dise plus, il vous suffit de demander en utilisant "commentaires"

     


    EXTRAIT DE LA CONFERENCE PRONONCEE PAR LE

    VENERABLE EERIBOS

    DEVANT L’ASSEMBLEE FEDERALE DES RECENTS

    ERE ζ DU ψ ZEBIOS

    Traduit par Nicolaï Drassof

    (Extrait)

    Résumé de ce qui précède :Le Vénérable, qui a manifestement une petite tendresse pour la Planète Bleue, reprend devant un public de Fédérés Intergalactiques — récemment admis dans la Grande Organisation des Cosmos — l'histoire de son évolution .

    Il commence à décrire ce que cette petite planète a de merveilleux, à commencer par sa composition de fluides superposés et sa couleur bleue, si rare  parmi les autres planètes. Il évoque l'espoir que donne aux observateurs de la fédération le peuple végétal, semblant prendre le chemin de la production d'amour universel. L'amour universel est la seule manifestation observable pour ces êtres évolués.

    Peu à peu se dégage de ses propos l'idée de certaines manipulations semi-clandestines exercées par des dissidents fédérés souhaitant accélérer l'accession d'un autre genre de modestes mammifères se développant sur ce monde de beauté. Puis se précise le soupçon d'une lourde responsabilité de ceux-ci quant aux conséquences de leur désobéissance, jusqu'au coup de théâtre qui provoque l'effervescence de ces êtres presque spiritualisés que sont les "Parfaits.

    Que deviendra cette planète à la beauté si fragile ? Pourra-t-elle être admise dans la Fédération qui a pour but suprême la création d'autres univers ?

     


    ...Ceci se passait avant les grandes modifications qui eurent lieu chez nous et la loi définitive sur la non-intervention dans les autres mondes. Pendant un certain temps, nous vécûmes paisiblement.
    L’unité était loin d’être faite sur cette idée de non-ingérence. Il y avait ceux qui pensaient que la seule direction à suivre était notre croissance neuronale ininterrompue et que la société galactique parvenue à ce stade serait suffisante pour assumer la future création, objet de tous nos vœux et but de nos si longues vies. C’était d’ailleurs la position officielle, reconnue comme sage et sensée. Il est vrai que le temps, pas tout à fait le même pour toutes les planètes membres de notre société, provoquait des impatiences chez certains des nôtres.
    Sur les plus anciens mondes, un grand nombre d’entités avaient atteint le stade où l’on doit entrer en maturation dans le cocon de «méditation solide ». Des cocons commençaient à peupler certaines régions et leur population guettait l’explosion des «parfaits » qui allaient éclore de ces chrysalides. Ces êtres, d’esprit pur et sans aucune tache de matérialité, résultat de la formidable transmutation de la matière en spiritualité que nos cerveaux en croissance perpétuelle ne cessent d’effectuer, ces êtres éthérés, concentrés purs d’énergie créatrice, n’auraient plus alors d’autre but que de s’unir à d’autres pour former cette égrégore spirituelle efficiente qui, à l’obtention de la masse critique d’amour, déclenchera à nouveau la création d’un univers, neuf et potentiellement lourd de merveilles.
    Un courant marginal d’opposition existait qui pensait, lui, que de nouvelles planètes pleines de promesses pourraient entrer bientôt dans notre confrérie, pour peu que quelques manœuvres habiles viennent aider leurs habitants les plus développés à entrer dans notre cycle : intelligence ---}amour--} spiritualité--} reproduction suprême, augmentant ainsi les masses potentiellement capables de devenir des «parfaits ».
    Il est évident que certains de ces groupes dissidents méditaient sur les habitants de la planète bleue, surtout ceux qui avaient connaissance des bricolages que les équipes d’études avaient effectué avant de quitter ce monde dont, de plus, la beauté fascinait bien des esprits.
    Le peuple végétal, en si bonne voie, et parmi eux les arbres, si avancés, suscitaient bien des espoirs. La famille mammifère, étudiée et «améliorée », que nos savants avaient laissée avec pour consigne : « croissez et multipliez »en obsédait cependant certains.
    Depuis un temps qui devait être si long, là-bas, nous ne recevions plus de la planète de beauté que des bonnes ondes qui en émanaient. Tout semblait aller bien. Nous n’en ressentions ni mal ni panique. C’était le seul contact permis…La loi de non-intervention avait été acceptée, n’est ce pas…
    Nous sommes peut-être dotés de masses neuronales exceptionnelles, notre spiritualité dépasse, c’est évident, notre matérialité, mais nous ne sommes pas encore des parfaits. Nous possédons des traces en nous de révolte, de désobéissance, d’orgueil, de présomption. Plus notre transcendance est de fraîche date, moins ces traces sont abolies. C’est à les vaincre que nous employons notre temps si figé qu’il ressemble à l’éternité. Les jeunes, les récents, sont moins avancés en ce sens. C’est au sein d’une de ces confréries immatures que fomenta le complot. La loi fut enfreinte et le groupe "Lucifère" se transporta sur la Planète Bleue. (à suivre)

    Ceci est extrait d'un des contes de mon dernier livre : CONTES POUR TOI

     


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  • Brèves pour raconter écrire et rire

    P’tite planète

    Sur cette petite planète rose et beige, des lapins roses fronçaient leur nez beige et des lapines beiges câlinaient des lapinous roses

    Un petit bois tout rose servait d’écrin à un lac ivoire aux reflets irisés. Dans le ciel écru, de gentils nuages ronds et roses dansaient sur un rythme de blues-rose qui est une version locale de notre musique noire. L’avenir était rose, le quotidien beige clair offrait de temps à autre des surprises lilas ;

    Le ruisseau de la vie s’y écoulait tranquille, peuplé de saumons vigoureux et de truites arc-en-ciel

    Le sang rose coulant dans les veines des habitants de ce joyau rendait les bêtes et les gens amicaux et non violents. Juste parfois un peu de couleur zinzolin assombrissait un brin certains caractères, mais ça les rendait plus joyeux quelques instants après .

    Cette petite planète est située au fond du couloir à gauche, derrière la plante verte. C’est la chambre de Bébé.

     

    Brain-storming au café du coin

    Jules : — Bébeeert, ma bière !

    Bébert :— Jules, tu bois trop...la méningite te guette

    Un client,(à part): — Pour faire une méningite, il faut avoir des méninges !

    Jules : — Bébert, bouges-toi ! ma bière ! L'est en panne?

    Bébert : — Ça vient, ivrogne...

    Jules : — Hé ! Ho ! Hé ! C’est pas d’l’orangina ! La s’coue pas, ma bière. Tu n’es pas délicat, Bébert !

    Bébert : — Jules, je vois les nuages noirs au-dessus de ta tête. Tais-toi, ou y aura d’l’orage !

    Jules : — Bébert, une autre !

    Bébert : —T’as assez bu. Rentre chez toi. C’est fini.

    Le client : — Bébert ! T’as entendu ? Quand il bouge, ça clapote : il est plein.

    Bébert : — De bière, oui. Et quand il démarre sa mob, il mousse !!!

     

    La belle et le Baladin

    Le baladin à la main baladeuse tendit l’autre joue quand arriva la gifle retentissante qu’il avait méritée.

    Il rédigea une ballade pour la Belle afin qu’elle pardonnât bellement

    Il la lui lût, elle lui sourit

    La joue en feu, il offrit ses lèvres et Ses lèvres les rejoignirent .

    Et sous le baldaquin continua la ballade de la Belle et du Baladin

     

    Zapette

    Si je pouvais allumer la vie d’un geste
    L’éteindre d’un autre
    En étant sûre qu’elle se rallume...
    Mettre en veille
    et changer de programme à mon gré...
    Si je pouvais... !

     

    La sieste

    Soleil, mer bleue, rochers mouillés
    Calme, repos, , chapeau sur le nez
    Solitude, paresse, et douce rêverie
    Farniente... Quelle belle philosophie !

    Mais qu’est ce que c’est que ce fourbi ?
    Huit, neuf, encore un ! la plage a rétréci
    Parasols, ballons, glacière pour le pastis
    Et quatre autres qui suivent dans une odeur d’anis !

    Tiens ! Il ne manquait plus qu’une radasse !
    Et vas-y que j’t’envoie le sable des godasses !
    Maintenant voici qu’une musique à fond
    Résonne dans les pins jusqu’au bout du vallon.

    Ça va ! Seul contre tous , faut que je capitule
    Les oreilles en compote, malade, sur les rotules.
    Moi qui voulait tout simplement faire le père peinard
    Ils ont cassé mon rêve, converti en cauchemar.

     

    Calder

    Le soleil, la lune, les planètes, les nuages, les étoiles...Tout ça bouge, comme suspendu au bout des fils d’un marionnettiste.
    Calder, un brin d’herbe à la bouche, étendu à l’ombre d’un vaste chêne, laissait vagabonder sa pensée créatrice, rênes détendues.
    Le lendemain, plein de fils pendaient partout dans son atelier, balancés par un doux zéphyr.
    Il venait d’inventer l’oeuvre qui bouge.
    Apprenez et retenez, jeunes gens, que la sieste est féconde, qu’il ne faut pas la négliger...

     

    A l’heure où les libellules vont boire

    Une, deux libellules dansent au dessus de l’eau claire.
    Elles se posent un instant, repartent, reviennent... Quel joli ballet !
    Une autre, plus loin paraît , mirant sa danse dans l’eau calme
    Oh ! voici que les deux premières se tournent autour, se rejoignent et forment un coeur vert soutenu par huit ailes vibrantes et irisées à peine visibles. C’est le coeur qui danse au dessus du courant paresseux. Un autre coeur pareillement formé vient lui aussi, suspendu dans un rai de soleil

    — Savez-vous, me dit Monsieur l’entomologiste, que ces deux odonates sont en train de copuler, de faire l’amour pour assurer le perpétuation leurs gènes ?

    — Mettez-vous là, Monsieur l’entomologiste, sur la rive, à plat ventre, la tête dans les mains et le nez à hauteur de fleurs. Ce que vous sentez là, Monsieur l’entomologiste, cette enivrante odeur, n’est-elle pas composée de toutes les subtilités des phéromones émises tant par les insectes que par les fleurs, qui sont tout simplement des sexes tendus, en attente de fécondation. Savez-vous, monsieur l’entomologiste, que nous baignons dans l’amour charnel ?
    La nature, que vous étudiez doctement, n’est qu’une fête lubrique en vue de la perpétuation de la vie.

    Mais que faites-vous, Monsieur l’entomologiste ? Vous offrez votre corps, vous aussi ?
    Les libellules réunies en coeur volant continuent leur danse au dessus de l’eau, les parfums se font plus précis...

    — Etudierez-vous aussi, monsieur l’entomologiste, votre étrange attitude... et la mienne... ?

    — Oh ! hé hé !... Monsieur l’ento..mo..lo...lo...

     

     

     

     

    .

    Je suis au travail, le temps

    File sa quenouille sans discontinuer...

    Qui va le freiner ?

    Un peu, pas longtemps.

    J'ai encor tant à dire, à raconter

     

     

     


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