• brèves pour raconter écrire et rire

    Brèves pour raconter écrire et rire

    P’tite planète

    Sur cette petite planète rose et beige, des lapins roses fronçaient leur nez beige et des lapines beiges câlinaient des lapinous roses

    Un petit bois tout rose servait d’écrin à un lac ivoire aux reflets irisés. Dans le ciel écru, de gentils nuages ronds et roses dansaient sur un rythme de blues-rose qui est une version locale de notre musique noire. L’avenir était rose, le quotidien beige clair offrait de temps à autre des surprises lilas ;

    Le ruisseau de la vie s’y écoulait tranquille, peuplé de saumons vigoureux et de truites arc-en-ciel

    Le sang rose coulant dans les veines des habitants de ce joyau rendait les bêtes et les gens amicaux et non violents. Juste parfois un peu de couleur zinzolin assombrissait un brin certains caractères, mais ça les rendait plus joyeux quelques instants après .

    Cette petite planète est située au fond du couloir à gauche, derrière la plante verte. C’est la chambre de Bébé.

     

    Brain-storming au café du coin

    Jules : — Bébeeert, ma bière !

    Bébert :— Jules, tu bois trop...la méningite te guette

    Un client,(à part): — Pour faire une méningite, il faut avoir des méninges !

    Jules : — Bébert, bouges-toi ! ma bière ! L'est en panne?

    Bébert : — Ça vient, ivrogne...

    Jules : — Hé ! Ho ! Hé ! C’est pas d’l’orangina ! La s’coue pas, ma bière. Tu n’es pas délicat, Bébert !

    Bébert : — Jules, je vois les nuages noirs au-dessus de ta tête. Tais-toi, ou y aura d’l’orage !

    Jules : — Bébert, une autre !

    Bébert : —T’as assez bu. Rentre chez toi. C’est fini.

    Le client : — Bébert ! T’as entendu ? Quand il bouge, ça clapote : il est plein.

    Bébert : — De bière, oui. Et quand il démarre sa mob, il mousse !!!

     

    La belle et le Baladin

    Le baladin à la main baladeuse tendit l’autre joue quand arriva la gifle retentissante qu’il avait méritée.

    Il rédigea une ballade pour la Belle afin qu’elle pardonnât bellement

    Il la lui lût, elle lui sourit

    La joue en feu, il offrit ses lèvres et Ses lèvres les rejoignirent .

    Et sous le baldaquin continua la ballade de la Belle et du Baladin

     

    Zapette

    Si je pouvais allumer la vie d’un geste
    L’éteindre d’un autre
    En étant sûre qu’elle se rallume...
    Mettre en veille
    et changer de programme à mon gré...
    Si je pouvais... !

     

    La sieste

    Soleil, mer bleue, rochers mouillés
    Calme, repos, , chapeau sur le nez
    Solitude, paresse, et douce rêverie
    Farniente... Quelle belle philosophie !

    Mais qu’est ce que c’est que ce fourbi ?
    Huit, neuf, encore un ! la plage a rétréci
    Parasols, ballons, glacière pour le pastis
    Et quatre autres qui suivent dans une odeur d’anis !

    Tiens ! Il ne manquait plus qu’une radasse !
    Et vas-y que j’t’envoie le sable des godasses !
    Maintenant voici qu’une musique à fond
    Résonne dans les pins jusqu’au bout du vallon.

    Ça va ! Seul contre tous , faut que je capitule
    Les oreilles en compote, malade, sur les rotules.
    Moi qui voulait tout simplement faire le père peinard
    Ils ont cassé mon rêve, converti en cauchemar.

     

    Calder

    Le soleil, la lune, les planètes, les nuages, les étoiles...Tout ça bouge, comme suspendu au bout des fils d’un marionnettiste.
    Calder, un brin d’herbe à la bouche, étendu à l’ombre d’un vaste chêne, laissait vagabonder sa pensée créatrice, rênes détendues.
    Le lendemain, plein de fils pendaient partout dans son atelier, balancés par un doux zéphyr.
    Il venait d’inventer l’oeuvre qui bouge.
    Apprenez et retenez, jeunes gens, que la sieste est féconde, qu’il ne faut pas la négliger...

     

    A l’heure où les libellules vont boire

    Une, deux libellules dansent au dessus de l’eau claire.
    Elles se posent un instant, repartent, reviennent... Quel joli ballet !
    Une autre, plus loin paraît , mirant sa danse dans l’eau calme
    Oh ! voici que les deux premières se tournent autour, se rejoignent et forment un coeur vert soutenu par huit ailes vibrantes et irisées à peine visibles. C’est le coeur qui danse au dessus du courant paresseux. Un autre coeur pareillement formé vient lui aussi, suspendu dans un rai de soleil

    — Savez-vous, me dit Monsieur l’entomologiste, que ces deux odonates sont en train de copuler, de faire l’amour pour assurer le perpétuation leurs gènes ?

    — Mettez-vous là, Monsieur l’entomologiste, sur la rive, à plat ventre, la tête dans les mains et le nez à hauteur de fleurs. Ce que vous sentez là, Monsieur l’entomologiste, cette enivrante odeur, n’est-elle pas composée de toutes les subtilités des phéromones émises tant par les insectes que par les fleurs, qui sont tout simplement des sexes tendus, en attente de fécondation. Savez-vous, monsieur l’entomologiste, que nous baignons dans l’amour charnel ?
    La nature, que vous étudiez doctement, n’est qu’une fête lubrique en vue de la perpétuation de la vie.

    Mais que faites-vous, Monsieur l’entomologiste ? Vous offrez votre corps, vous aussi ?
    Les libellules réunies en coeur volant continuent leur danse au dessus de l’eau, les parfums se font plus précis...

    — Etudierez-vous aussi, monsieur l’entomologiste, votre étrange attitude... et la mienne... ?

    — Oh ! hé hé !... Monsieur l’ento..mo..lo...lo...

     

     

     

     

    .

    Je suis au travail, le temps

    File sa quenouille sans discontinuer...

    Qui va le freiner ?

    Un peu, pas longtemps.

    J'ai encor tant à dire, à raconter

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 4 Mars 2015 à 00:44

    Frais et plein de sensibilité, bravo !

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