• Les lunettes

     

    Petite, où sont donc mes lunettes ?

    Devant toi, Grand’mère

    Je ne les vois plus, fillette

    Il te faut les chausser, Grand’mère

    Petite, où est donc ma jeunesse ?

    Dans mes veines, Grand’mère

    Je sens tout son poids, fillette

    Nous te porterons, Grand’mère

    Petite, où sont donc mes amours ?

    Derrière toi, Grand’mère

    Je ne les reverrai plus, fillette ?

    Amours sont devenues pour moi, Grand’mère

    Petite, alors tu souffriras, sais-tu ?

    Je suis dure comme l’acier, Grand’mère

    Tu sous-estimes la souffrance, fillette

    Je me sens immortelle, Grand’mère.

    Petite, je le disais aussi, jadis

    Tu es frêle et fragile, toi, Grand’mère

    Nous aussi, nous étions des chênes, fillette

    Quelle cognée vous a donc abattus, Grand’mère ?

    Petite, ne cherches pas. Reste immortelle.

    Le doute est entré en moi, Grand’mère ...

    Petite, tu aimeras, tu souffriras, tu mourras.

    C’est ce qu’on appelle la vie, Grand’mère ?

    Oui.


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  • Améthystes

    Jane a ferme ses violets
    Rangé ses pongés orangés
    Clos ses ors et ses tangos
    Sur la somptuosité du couchant

    Jane a cambré ses violons
    Aliéné ses contrebasses
    Courbé ses bandonéons
    Sur les rhapsodies artificielles

    Jane a fermé ses violets
    Améthystes sombres frangées de noir
    Jane a clôt les contrevents du vent
    Et fermé sa demeure sur son âme de lait

    Jane a fait vibrer le celesta
    Vivement claqué les cymbales
    Ondulé au clavier les hautbois
    Sur la symphonie occidentale

    Jane a fermé ses violets
    Endormie, vêtue de mauve
    L’heure est de braise fauve
    Mais elle a clôt son âme de lait

    Au soleil noir des fureurs de l’océan

     


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  • Imaginez !
    Un paysage à la douanier Rousseau
    Une musique de Stravinsky
    Une petite fille pensée par Lewis Carol
    Une grande solennité…et un petit clin d’œil !

     Le DOUM

    Blonde, mauve,
    Liselotte gambadait
    Parmi les garmuches.

    D'énormes grouzys
    Aux cornes spiralées
    Cheminaient gravement
    Sur la folatée rouille.

    Annoncé au son des chorybus
    Le Grand Gouri approchait lentement
    Suivi de longs séranéras bruissants
    Baignant dans l'aprée sainte
    Des grandes spadulées...

    Telles des montagnes roses, les grouzys arumèrent
    Et Liselotte ruma, respectueusement traspée...

    Roses et mauves, drises et fuches, tanrennées
    Passèrent sur la zélie les étruvées randies.

    Une vague de fraxitangue ébula sur les dailles
    Au loin, garmuches frandillaient, désoxant les ébules

    Et Liselotte gailla, brésillante et spandule...
    L’indicible auribelle était sférudilée,
    Et, débrulant les marthies abuirées
    Béloisa le Doum, qui morait au passé.


    Nicolaï Drassof

     


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  • Le monde a quelque chose qui cloche

    Il y a quelque chose qui cloche :
    Si je t ‘aime, et que tu ne m’aimes pas
    C’était pas prévu, en plus, c’est moche..
    Maintenant c’est lui que j’aime, pov’cloche !
    Lui qui me plaît. Eh oui ! Il est bancroche.
    Il a besoin de moi., lui. Je m’accroche
    Et c’est maintenant qu’tu m’aimes, n’est ce pas ?

    Je crois qu’il y a quelque chose qui cloche

    De plus en plus le monde est moche.
    Quelques uns se remplissent les poches
    D’autres ne mangent pas, dorment à la cloche
    Et pis là-bas, y a ceux qui bambochent
    Entre deux, toi et moi on n’veut pas voir ça
    Yeux fermés, oreilles bouchées,.Ça n’nous regarde pas
    Toi et moi, on a déjà bien du tracas

    Hey ! C’est nous, ce quelque chose qui cloche


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  •  

     Le notaire et les ptits garçons

    (fable)

     

    Un gros notaire en sa thébaïde planqué

    Tenait en ses mains un grimoire tout taché

    Le finaud malandrin, flairant un gros rapport

    L’aborda, doucereux, et lui chanta encor

    Eh ! bonjour maître Jean , ô roi des tabellions

    Que vous voici bien rose ! et tiens ! presque mignon !

    Et si ce lourd grimoire,

    Contient, ce que, de ma mémoire,

    Il contenait l’autre fois

    Vous êtes dans la... « merdre »

    Car je n’hésiterai pas à vous perdre.

    Le notaire, chafouin tel Raminagrobis

    Dressé, le lui montra : c’était l’histoire d’Ulysse.

    Eh ! ça ne suffit pas, ouvrez les autres pages

    Tout confus, le notaire soudain faisait son âge.

    Preste, le  malandrin sauta, fit un écart.

    Il heurta la reliure, de laquelle tomba

    Plein de petits garçons, tous nus, en pleins ébats.

    Que faisait-tu, tabellion, la semaine passée ?

    Je matais et c’est tout. Pardon, pas de fessée !

    Tu matais, j’en suis fort aise

    Tout est enregistré, maintenant !

                                                                              Nicolaï DRASSOF


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  •  

     

    Mon cœur


    Organe dévoyé,
    Tout à la vie voué,
    Tu donnes le tempo...

    Et voici qu’un regard,
    Une attention, un égard
    Te rend fou à nouveau

    Tu bondis d’allégresse
    T’alanguis de tendresse
    Ô cœur caméléon !

    Tu t’emplis d’amour tant
    Que trop d’insolites battements
    Du liquide de vie omettent la pulsion

    Tout plein de l’âme aimée
    Planant au ciel, ton exquis abandon
    Oublie sa très vitale mission.

    Mourir importe peu, seule vaut la passion.

     

    Extrasystole

    Frrrr…

    Angoisse de velours, doux sens inusité,
    Orgasme minuscule, brièvement passé.

    Sa caresse de soie
    Au plus intime de soi
    Là où c’est tellement flou
    Qu’on ne sait pas bien où
    Situer le serrement
    Du cœur de votre cœur…
    Suavité, effroi, douceur,
    Ressentis simultanément.

    Elle, souveraine, négligemment rassemble
    Du long suaire sombre et soyeux les plis
    Quand ce que frôle son ombre tremble
    Amicale, désinvolte, tenant sa Faux brandie
    Elle dit : « je reviendrai »
    Voilà, elle est passée

    Juste Frrrr…

     


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  • Les tercets de mon ami Pierrot.


    Naïf plutôt que rusé
    Grugé plutôt qu’escroc
    Mais futé plutôt que docile

    Je me ris des engouements
    Je me ris de l’opinion des gens
    Je ne ris jamais d’autrui.

    Souffrir plutôt que peiner
    Rire plutôt que blesser
    Aider dans la difficulté

    Manquer plutôt que demander
    M’effacer plutôt que briller
    Aimer la lune

    Amoureux pour le bonheur d’aimer
    Transi plutôt qu’infatué
    Rêvant à Colombine

    Honteux des turpitudes décelées
    Confus des crimes étalés
    Je fredonne pour te cacher

    Mon désespoir

     


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  •  

    Vous la connaissez !  une silhouette grise et penchée...Au fond de la cour, au deuxième. On peut lui apporter du linge, à recoudre, à repasser... Sa retraite est si maigre qu'elle accepte plus qu'elle ne peut faire... Ecoutez sa complainte...

     

    La carambouille

     

    J'ai mis de l'eau, pour mes nouilles 

    Et pis j’attends. J’attends qu’elle bouille...

    Après, j’ai repris ma broderie

    Et le cours de ma mélancolie...

     

    Il était temps que je repasse !

    Du linge tout froissé attendait.

    Ce faisant mon esprit ressasse :

    La vie s’enfuit et rien n’est fait.

     

    En humectant la pattemouille,

    Cendrillon rêvant de citrouille,

    Je me débat dans la mélasse

    Et de vivre, vrai, je suis lasse.

     

    Il me vient des idées d’andouille

    (De Vire, en  sauce Panouille ! )

    Ah ! Briser la monotonie

    De cette chiennerie de vie !

     

    Que voulez-vous que j’y fasse ?

    Plus que je couds et rapetasse

    Moins est joli ce qui m’entoure.

    Ya même des ordures dans la cour...

     

    Tout s’enfuit, s’abîme et se casse

    Vous voudriez que je sois jouasse ?

    Le temps est arrivé, peut-être

    De dire adieu...? Par la fenêtre ...

     

     

    Dont je ne ferai plus les carreaux !

    Je n’veux même pas de tombeau :

    Un truc encore à entret’nir

    A désherber... pis à fleurir...

     

    Je veux, libre, me dissoudre dans l’air,

    M’envoler !.. J’irai pas en enfer

    Mon temps d’emmerdes est déjà fait.

    Tout c’qu’on voudra, ça s’ra parfait.

     

    Mais voilà qu' l’eau pour mes nouilles

    A débordé !  l’fer qu’a brûlé la pattemouille !

    Vieille idiote ! Quelle carambouille !

    Vrai, la vie !  C't une carabistouille !

     

    FIN


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  •  

    rattrapé par l'actualité, ce texte-poésie féministe ?

    ou simplement objectif?

     

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  • Comme on change !

    Deux poèmes, trente ans ont passé...

    Vos commentaires me feraient plaisir...merci

     

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